Poésie - 1976

Publié par Lou Reïgis

                                  

 

Un jour d’été de mille neuf cent soixante seize,

Quelle date en juillet ? peut être bien un  treize...,

Je guettais le hasard d’être seul avec Vous.

Et si j’avais consulter un numérologue,

Une diseuse d’aventure, un astrologue,

M’auraient-ils conseillés d’attendre le mois d’août ?

 

Chercher la note bleue et sa moitié d’orange

Pour un cœur de vingt ans pas de plus beau challenge,

Avec nos illusions on a tous rendez-vous.

Si le rationnel sied à tout esprit critique

En amour la raison se tend à l’élastique

Et finie par claquer sur les cœurs d’amadou.

 

Je n’ai pas essaimé sur la route ascendante

Qu’on prend allegretto vers les fêtes galantes,

Des morceaux de mon cœur qui ne pensait qu’à vous;

Comme autant de balise Argos de repérage

En prévision d’une avarie ou d’un naufrage,

L’amour est un bateau au capitaine fou.

 

Je n’ai pas jeté de sel par dessus l’épaule,

Cherché des trèfles à quatre feuilles au sol

Pour ce premier baiser dont j’ai gardé le goût.

Ma raison ne s’est pas égarée vers ces leurres

Que sont gris-gris, amulettes, porte-bonheurs,

Fariboles inévitables peu ou prou.

 

De ce temps là Madame il me faut bien l’admettre

Je n’ai pas conservé la trace d’une lettre,

Une relique, un rien, quelque chose de vous;

En ai-je des regrets ? le temps a fait son œuvre.

Lui qui, jadis, commandait comme à la manœuvre

La pluie et le beau temps au souvenir de Vous......

J-Y S

 

 

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