Veni, vidi, vici...

Publié le par Lou Reïgis

Lettre à un ami revenu d'Italie.

Mon cher Caminares,

Le long préambule initial du compte rendu de ton séjour dans la ville éternelle, introduit malgré toi un questionnement qui, à titre personnel, n'engendre pas la mélancolie...!

Depuis quelques années que je fréquente le gars tézigue, j'ai pu observer une longue maturation de ces réflexions dans le domaine de la spiritualité et des dieux.

Hier encore, du rouge sang d'un Marxisme dévoyé, tu étais encore mal remis. A toutes les branches et racines de ton humanité, tu t'accrochais avec l'énergie du désespoir et une force de conviction qui ont fait que je t'ai trouvé, comme Montaigne trouva La Boétie, ou le contraire, peu importe...

Ta propre guerre de religion menée depuis un demi siècle, tu l'achèveras à l'usure des sentiments contradictoires qui font le sel de notre humanité.

Tu es sur le chemin d'une spiritualité laïque qui ouvre sur un champs immense de connaissance. Pour l'heure, tu marches seul (certes, tu es accompagné de ta blonde, mais c'est une blonde...) comme la chanson bien connu de J-Jacques Goldman.

 C'est un travail d'initiation et d'apprentissage panificateur, et je sais que tu es d'une bonne farine, foi de boulanger...

Ainsi donc, quelques lieux romains ont trouvés échos au plus profond de ton âme. Quelques frissons épidermiques d'explications froidement scientifiques ne peuvent suffire à justifier la chaleur intérieure éprouvée sous la coupole de St jean de Latran, ou sous le dôme de la Chapelle Sixtine et des fresques ouvrées de Michel Ange. Tu le sais d'ailleurs que tu ne t'en défends même plus...!

Certes, quelques scories anticléricales oeuvrent encore dans le tréfonds de ton esprit bouillonnant, et je les trouve parfaitement justifiées. Elles sont également miennes. Cependant, il est vain de perdre son temps dans ces ressentiments rancis, et cela tu l'apprendras...

Mais bien entendu, la vigilance est de rigueur, en cette époque délétère où l'on voit un Président de la République Française se coucher dans le lit de la Chrétienté comme ces convertis de fraîche date qui confondent mysticisme et élection, foi du charbonnier et abus de conscience...

Tu es donc revenu d'Italie, et comme César, tu es en passe de franchir le Rubicon de l'espérance. Mais à l'exemple d'icelui, les mots célèbres par lesquels il décrivit au sénat la rapidité de la victoire qu'il venait de remporter près de Zéla sur Pharmace, roi du Bosphore (47 av J-C), ne sont pas de circonstances.

Sur le chemin de la vie, bien prétentieux et inconscient celui qui proclame: Veni, vidi, vici...

Et je sais que tu n'es point de ceux là.

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Lou Reïgis.



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