Si tu veux faire mon bonheur, Margeride, Margeride....

Publié le par caminares

Qu'ils sont plaisants les noms de nos vielles Provinces...

Guyenne, Gascogne, Languedoc, Auvergne, Provence... Cela a bien plus de la gueule que les Midi Pyrénées, Rhône Alpes, Région Centre ou pire encore PACA, de notre époque...

Qui plus est, composées de pays à la consonnance tout aussi poétique, Velay, Vivarais, Aubrac, Gévaudan, Cévennes, Margeride....

Ah! Margeride!

En ce beau week-end de septembre, qu'il est doux ton nom... Margeride, cela ressemble à un prénom....

"Si tu veux faire mon bonheur,

Margeride, Margeride,

Si tu veux faire mon Bonheur,

Margeride donne-moi ton coeur...."

C'est ainsi que nous débutâmes la randonnée que Michèle et Alain, Provençaux expatriés avec armes et bagages en ce joli coin de France, avaient concocté pour nous.

Au départ de Saint Paul le Froid,  notre randonnée du jour nous amènera au coeur de la Margeride...

Aujourd'hui, nous serons deux de plus, Bernard et Monique ayant rejoint notre bande...

Le GR que nous suivons depuis notre départ, avec en point de mire le Chayla d'Ance, descend en pente douce vers les méandre de la tranquille rivière Ance. Paysage tout en douceur, tout en rondeur...

Un taureau au boucle blonde fera, comme celui de la veille, l'admiration de tous.... Ah! Les belles c...ornes!

Ici, pas de difficultés particulières ; le large chemin sablonneux est propice à la marche rapide. Et nous ne nous en priverons pas! Un petit vent frisquet fouette notre ardeur...

Les femmes, éternelles bavardes, jettent déjà les bases de nouvelles randonnée, là-bas, du côté de Gluiras...

Pierre nous explique que ce chemin était, il y a fort lontemps empruntés par les Jacquets. Nos trois compères organisateurs de cette belle balade nous ont réservés une belle surprise... Mais chut. Ce sera pour plus tard!

Dans l'immédiat, de gros blocs granitiques aux formes suggestives laissent mon Lou Reïgis pantois. Cette sculpture naturelle, visiblement , l'enchante... Il en siffle de bonheur....

Bientôt, Brenac apparaît. Nous traversons le village silencieux où un vieux four banal trône en son centre. Un peu plus loin, nous nous rafraichirons à l'eau fraîche d'un abreuvoir. Dans le temps, les troupeaux venait s'y  désaltérer, les uns après les autres...

La lande fleurie de bruyère et raisins d'ours fait son apparition... Le chemin s'enfonce dans une forêt de pins. Nous croisons des vetetistes, chacun saluant l'autre avec courtoisie...

La chaleur monte. Le vent est tombé. De magnifiques papillons butinent de fleurs en fleurs. Nous nous attardons un peu, appareil photo en main.

Au sortir de la forêt, surprise! Il est midi pile, Alain a bien minuté son affaire, et nous nous dirigeons vers la maisonnette de pierre où autrefois se fabriquait le fromage....

Sur notre droite, une radonneuse solitaire semble chercher son chemin. Une large piste vient à notre rencontre: nous sommes sur le mythique Chemin de Saint Jacques! A notre gauche, la ferme du Sauvage, gîte d'étape pour les pélerins en Route vers Compostelle.

Le repas pris à l'ombre des murs de pierre, une halte s'imposa à l'ancienne commanderie. Admirable architecture! La batisse isolée, en plein soleil n'a rien d'austère...Nous reprenons la cadence et bientôt, laisserons sur notre droite le GR65 en route vers la chapelle St Roch.

D'imposants monceaux de billes de d'épicéas, sentinelles formidables posées à même le sol, parsèment notre route. La forêt est exploitée, le bois est en partance vers une usine à papier proche.

Au somment de la côte, nous longeons maintenant une haute barrière; c'est le parc à bisons implanté là depuis quelques années. Malheureusement, nous n'aurons pas la chance de Buffalo Bill: point de bisons à l'horizon...

Une rude montée et nous voilà bientôt au Col de la Barte.

Un peu de macadam, brulant sous le soleil, puis la large sente bordée d'épicéa dorée et agressif descend tranquillement la pente. Face à nous, à l'horizon, le Gerbier des Joncs et le Mézenc, phares posée en montagne ardéchoise, nous indique le chemin du retour. 

Puis, on passe à gué une onde pure et fraîche, et le sentier traverse une forêt de fayards.

Un clocher est en vue, à peine caché par des épilobes vieillissants. Combes est atteint, et une fois encore, l'antique abreuvoir de granit nous rafraîchit de son eau claire. Une belle croix sculptée attire mon regard. Mais déjà, mes compagnons de route ont quitté le village. Régine s'attarde un peu, admirant le four banal.

Quelques minutes de marche et nous voilà déjà au pied d'une côte, qui, rapidement, nous ramènera à nos véhicules...

Nous aurons marché 6h, dans la douceur de la Margeride, au Pays de la Bête du Gévaudan.

Si tu veux faire mon bonheur, Margeride, Margeride....

Sûr, nous reviendrons en ce beau pays....

 

Voir l'Album Photo "Margeride"

 

Publié dans compte rendu

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Mathurin De La Burle 22/09/2010 07:29


Cher Mr Caminares
Merci pour la description exceptionnelle de ce pays de la Margeride.
Peu connu, il est cependant attachant, et nul doute que votre article élogieux donne envie de parcourir ces chemins. Vos photos sont superbes, et accompagnent parfaitement votre prose sobre et
efficace.
Beaucoup de jolies Dames apparaissent sur la plupart d'entre elles.
Envisageraient elles d'entreprendre le chemin spirituel de St Jacques?
Et si cela est le cas, puis je envisager de me joindre à votre groupe, avec mon ami Ignacio de la Deconada?
Bien à Vous,
Mathurin de La Burle