Quatre petits Scouts...

Publié le par Lou Reïgis

Au début d'une adolescence tumultueuse, j'eus le bonheur de vivre une expérience enrichissante, bien que de courte durée, chez les scouts de France.

40 années ont passé depuis cette aventure qui fut exceptionnelle, à bien des égards. Ces souvenirs revenaient épisodiquement quant un hasard mélancolique, aux couleurs sépia, croisait la route de quelques gamins en short et chemise kaki, sac au dos, arborant autour du cou le célèbre foulard rouge et vert, ou bleu/rouge, selon l'affiliation à l'une où l'autre des obédience du mouvement scout.

N'attendez pas que je fasse ici l'apologie du scoutisme, ses principes formateurs, ni un procès en dénigrement, ou la moquerie du "aïdi aïda" singeant un "aïli-aïalo" para militaire de funeste mémoire, serait à la fois obsolète, anachronique et malhonnête.

Il y a quelques jours, au sommet de "Boneton", au dessus de Saint Fortunat sur Eyrieux, je rencontrais quatre jeunes scouts à la recherche de leur chemin vers mon village. La mélancolie sus contée arriva, et la tendresse naturelle pour ces quatre gamins avec elle. Lâchés en autonomie pour trois jours, en provenance de Vernoux en Vivarais, ils tentaient de se repérer sur leur carte aléatoire. Un dialogue rapide s'engagea, inauguré par la formule et la gestuelle idoine du "Scout toujours... prêt!". Je mis sur la bonne direction de St Fortunat les quatre mômes, étonnés par la rencontre inopiné d'un type un peu farfelu, au sommet d'un Serre surplombant la vallée de l'Eyrieux, où pas âme qui vive ne semblait troubler la solitude des lieux. Je poursuivis ma boucle entreprise de St Fortunat/St Fortunat via "Boneton", et je ne pensais plus à mes quatre "farfadets" du serre de "Boneton", jusqu'à l'arrivée sur la place du village. Le temps de poser mon sac à dos, je vis passer devant ma maison, les quatre petits scouts enfin parvenus à bon port. Je m'enquérais de leur projet d'hébergement pour la nuit, et ils m'indiquèrent que la consigne des "manitous" était de se rendre à la Mairie du village.

Quelques moments plus tard, voilà qu'on agite la cloche de mon portail. Mes quatre petits loustics sont là, benoîts et gauches, timides, et me demandant si, par hasard, je n'aurais pas un abris pour la nuit, la mairie ne leur proposant qu'un préau d'école...

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C'est ainsi que Louis, Adam, Halim et William, heureux de l'aubaine et soulagés d'une perspective peu confortable d'une nuitée sur glacis glacial, se retrouvèrent à se désaltérer d'un sirop de pêches sur la terrasse en promontoire de la place de mon village. La maîtresse des lieux, en bonne mère de famille nombreuse, leur proposa sans possibilité de refus, d'aller se laver la coine, observant olfactivement qu'un léger fumet flottait à l'entour de leur architecture vestimentaire. Tour à tour ils obtempérèrent, et douchés, propres comme des sous neufs, ils firent honneur au repas du soir, mangeant jusqu'à satiété salade estivale, bombine ardéchoise, glace au chocolat et crème brûlée. Repus et heureux, la conversation à bâton rompu alla bon train. J'appris ainsi que le discret Louis se préparait à l'entrée en seconde sans enthousiasme particulier, qu'Adam pratiquait la boxe française et avait le désir d'entrer dans la maréchaussée, qu'Halim voulait devenir tailleur de pierre chez les compagnons du tour de France et William, modestement, Empereur du monde...

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Mes petits scouts toulousain, belle représentation de la diversité de notre jeunesse de France, encrés dans la tradition et l'attachement à des valeurs humanistes et universelles, petits français de toutes origines, fiers d'être du pays de France, camarades et fraternels dans leur périple ardéchois en vallée de l'Eyrieux, ouvrent en ces temps de délitescence des valeurs du ternaire "Liberté Egalité Fraternité" de nos institutions républicaine, l'assurance pérennisée d'une France éternelle.

A bientôt peut être, petits amis scouts toulousain. Vous êtes repartis matin vers votre aventure commune, et je sais que pour vous demain sera bien. 

 

Publié dans chronique

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