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CAMINAREM TOGETHER !
Il en va de nos randonnées comme du reste, les reconnaissances sont dues à ceux que nous emmenons à la découverte de nos
montagnes Ardéchoises.
Evidemment, cette introduction pour affirmative qu'elle soit est à plusieurs lectures, aux degrés centigrades de votre esprit.
Si je vous dit: aimez vous la ventouse? Vous serez en droit de penser: "Ca y est, Lou Reïgis va nous entraîner encore dans ses délires ardents et saugrenus"...
Les esprits simples, les plus nombreux, penseront que le bonhomme a pris froid au cours d'une rando et que, par ce titre, remercie le Diafoirus qui l'a guéri.
Rien de tous cela, il s'agit ici d'une reconnaissance de terrain à travers notre pays de montagne qu'un artiste vivant à Entraigue sur Volane a immortalisé, avant de s'envoler au paradis des
poètes.
Cinq du club des Légremis, deux enragées de la rando bien connues des autochtones Gluirassiens, une Elisabeth comme ses pieds bien chaussés et deux malheureux sous fifres d'importation
frauduleuse par mariage héraldique douteux d'avec deux torpédos rustiques, se sont aventurés en terre inconnue du coté de Saint Cristol.
A proximité du "Besset" les autos devinrent immobiles, et sac au dos, un pré se traversa sous un soleil venteux avant de s'engager dans un semblant de sentier, c'est à dire au milieu des
"bourdigas" d'un grand nulle part, direction la Ventouse, vielle bâtisse abandonnée avec tout autour les reste émiettés et rouillées d'un tracteur antédiluvien.
Le grand nulle part "bourdigassien" avait perdu depuis longtemps le sentier sensé se trouver en un milieu que deux GPS s'obstinaient à pointer mordicus. "Biquette", le bien nommé tant sa légitime
le rend chèvre depuis plus de quarante années, en perdit le fil satellite d'Ariane quand, tout à coup, Bartock son chien un rien "braque", s'en alla batifoler avec une dizaine de sangliers
rescapés de la saisons de chasse. Copain comme cochon avec cette harde, Bartock nous gratifia d'un jolie moment burlesque. Il en revint tout fringant au grand soulagement de Jean- Claude.
Au sortir d'un bois les discussions allaient bon train sur la direction à prendre pour joindre les deux bouts de la boucle prévue, quand vint à notre rencontre un berger et ses brebis. Jacky,
sourire aux lèvres, étonné de nous trouver là, nous indiqua les reperds aléatoires que seule l'habitude des lieux permettait de connaître. Cette rencontre nous permit de poser un regard
mélancolique sur cette montagne, son dépeuplement pastoral lent et inéluctable provoqué par le grand n'importe quoi économique, social et moral du temps présent.
Jacky, philosophe et désabusé, nous remit dans la bonne direction, même si celle ci nous détournait du projet de départ. Le principe de reconnaissance demande une souplesse d'adaptation, et
l'application d'ice lui nous permit d'engager nos pas sur un chemin de traverse épousant la courbe de la montagne et descendant doucement vers un petit ru grossit par la fonte des dernières
neiges à l'orée du printemps.
Retour vers nos véhicules sous les frondaisons de sapins et de châtaigniers, à longer des murets d'échamps abandonnés, témoins mélancoliques du temps passé que la mémoire des hommes enveloppe de
nostalgie comme il en est ainsi depuis la nuit de temps.
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