Aquelos Mountagnos... (le sentier des Espugues)

Publié le par caminares

 

Ce chant écrit par Gaston Phoebus, Comte de Foix et seigneur du Béarn sous le nom de Gaston III, conte la beauté des Pyrénées et des amours éternelles...

Et il est vrai qu"elles sont belles, ces montagnes sauvages où l'ours trouve encore refuge...

Je vais vous conter un sentier d'une beauté saisissante, à deux pas de la foule bariolée se pressant vers la nature "cyclopéenne" du cirque de Gavarnie...

Nous sommes arrivés tard, ce lundi 16 août. Une longue file de véhicules se presse lentement, attendant patiemment que les placeurs les dirigent vers un des parkings du village. Rançon du succès....

Vite équipés, nous arpentons à grand pas la rue principale de la bourgade. Le Gave de Pau bondit à nos côtés, se dirigeant vers son destin, l'Adour et l'Océan...

Notre guide, en parfait connaisseur des lieux, nous fournit quelques explications sur la géographie locale.

Un panneau nous indique "Refuge des Espuguettes,2h". Abandonnant le large chemin parcouru par les ânes à touristes, nous entâmons une rude montée en lacet. Gérard, botaniste passionné, nous entraîne vers une jolie cascade. Ici, pousse une endémique des Pyrénées, la Ramonde. Nous apercevrons, caché sous les feuillages, cette jolie discrète. Et notre balade sera ponctuée de rencontre florale, dont je vous livre les noms dans l'album photo de cette journée.

Au sortir des lacets, après avoir successivement fait connaissance avec l'aconit napel, poisson violent, la carline à feuilles d'acanthe, le panicaut de Bourgat et même la grassette à grandes fleurs qui se nourrit d'insectes, nous atteignons une croisée de chemin.

Mais il est temps de pique-niquer, à l'ombre des pins à crochets.

Le calme reigne. Le refuge des Espuguettes domine le paysage, la cabane de Pailha sommeille sous le Pic Rouge de Pailha (2780m), le Grand et le Petit Astazou culminant à respectivement 3071 et 3012 m.

Après un détour par la cabane de Pailha où la vue porte sur  la brêche de Roland, nous pénétrons à nouveau dans la forêt. Marmottes et Isards gambadent sur le flan de la montagne... Ici, nous sommes dans la zone centrale du Parc National des Pyrénées.

Là, un iris des Pyrénées achève sa floraison. Plus loin, l'aconit tue loup étale ses clochettes jaune pâle... Bientôt, Gérard nous ayant promis un café, nous arrivons au chalet de Pailha.. Petite pause bien méritée avant de nous diriger vers le cirque de Gavarnie en empruntant le sentier des Espugues.

Une espugue, en langage local, est un abri sous roche. Nous comprendrons rapidement le pourquoi de cette appelation... Mais ce sentier est aussi un bonheur pour le botaniste qui le parcours...

Du chalet, le sentier descend lentement en serpentant, épousant les formes du calcaire presque incongru à cette altitude.

Il y a très longtemps, à cet endroit se trouvait une mer peu profonde. Le mouvement des plaques tectoniques fit surgir des profondeurs de cette mer, ce cirque dont l'immensité fut vantée avec emphase par le grand poète Victor Hugo:

 

" Et maintenant regarde : un cirque ! un hippodrome.
un théatre où Stamboul, Tyr, Memphis, Londres, Rome,
Avec leurs millions d'hommes pourraient s'asseoir,

Où Paris flotterai comme un essaim du soir !
Gavarnie ! un miracle ! un rêve ! Architectures
Sans constructeurs connus, sans noms, sans signatures,
Qui dans l'obscurité gardez votre secret,
Arche, temples qu'Aaron ou Moise sacrait,
Panthéons, parténons, cathédrales qu'ont faites
De pauvres charpentiers aux âmes de prophétes,
Monts creusés en pagode où vivent des airains,
Aux plafonds monstreux, sombres ciels souterrains,
Cirques, stades, Elis, Thébe, arenes de Nimes,
Noirs monuments, géants, témoins, grands anonymes,
Vous n'êtes rien, palais, dômes, temples, tombeaux,
Devant ce colisée inoui du cahos !
Vois : l'homme fait ici le bruit de l'éphémère
C'est l'apparition, l'énigme, la chimére
Taillée à pans coupés et tirée au cordeau.
L'aube est sur le fronton comme un sacré bandeau,
Et cette énormité songe, auguste et tranquille.
Morceau d'Olympe ; reste étrange d'une ville
De l'infini, qu'un être inconnu démembra ;
Cour des lions d'un vague et sinistre Alhambra"

 

Mais revenons à nos petites fleurs. Successivement, nous rencontrerons la germandrée petit chêne, la potentille à feuilles d'Alchimille, le millepertuis à sous, la dioscorée des Pyrénées, le chèvrefeuille des Pyrénées, le géranium cendré, certaines endémiques au massif...

Sans l'avis autorisé de mon botaniste de frère, nous serions passés à côté de toutes ces merveilles...

A nos pieds, la vallée de Gavarnie s'offre à nos yeux, le sentier se cache sous les espugues, le soleil arrose les sommets mytiques du cirque, Le Marboré, le Pic de la Cascade, l'Epaule, la Tour, le Casque, la brêche de Roland se cache derrière la brume naissante.

Le Gave de Pau s'affranchit de la pesanteur en un saut vertigineux.

Nous voilà en vue de l'Hôtel du cirque et de la cascade, le bien nommée. Nous apprécierons la bière prise en ce lieux, face à cette splendeur minérale.

Déjà, la brume s'installe, jouant à saute mouton avec les monts, cachant la cascade, déscendant en langue blanche vénéneuse.

La fraîcheur nous pénètre peu à peu. Il est tant de rentrer...

 

Merci à Christiane pour son repas succulent qui couronna cette journée (Ah! Les cèpes...)

Merci aux explications éclairées de Gérard...

Merci enfin à Anne-marie qui tant souffrit, dans les lacets....

 

 

Voir l'Album Photos "Le sentier des Espugues"

Publié dans compte rendu

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Imanol Arrêteteyconerï 22/08/2010 11:20


Mr Caminares,
J'ai lu avec intérêt votre très bel article sur les Pyrénées. Cependant je ne puis être d'accord avec vous sur la présence de l'ours dans nos belles montagnes. En effet, les considérations que vous
évoquez sont en droite ligne de ce que les politiciens justifient dans leurs motivations de réintroduire cet animal. A savoir une idée écolo-bobo citadine dans l'idée de ce qu'est et doit être, la
sauvegarde de la nature et des traditions. Cela à des fins bassement électorale, ça va de soit. Mes ancêtres, pasteur/chasseur/cueilleur, ont éradiqué cette engeance nuisible qui les firent tant
souffrir durant des siècles. Pour éclairez votre réflexion, dans un esprit de dialogue et de tolérance, je vous invite à venir séjourner en mon domaine Ariégeois des Hautes montagnes Pyrénéennes.
Je vous démontrerais, preuves à l'appui, des moyens considérables nécessaires afin de sauvegarder nos troupeaux de ce fléau, au même titre d'ailleurs que le loup. Je mettrais à votre disposition
outre mes "patous", un vtt, un quad, un 4x4, des jumelles infra-rouge, et, pour votre sécurité, au delà du simple bâton de berger, une bonne kalachnikov de contre bande que, malheureusement sommes
contraint de nous procurer sur le marché libre de Tchéthénie. Je tiens à votre sécurité avant tout, et bien entendu je vous accompagnerais pour le gardiennage de nuit, autour d'un brasero, et nous
chanterons l'oeuvre immortelle de Gaston Phoebus avec nos amis ibères en écho d'outre vallées.
Vous voyez Mr Caminares, nous aussi nous aimons la poésie et les poète.
Cordialement,
Imanol Arrêteteyconerï


caminares 23/08/2010 17:26



Ursus et Lupus, même combat! Farem tôt pétar, noun dé diou....



Germaine Moutas 20/08/2010 09:34


Bonjour Mr Caminares,
Je viens de lire votre article sur les Pyrénées, et comme d'habitude vous êtes beau sur la photo.... Je viens d'apprendre par cette lecture, que vous avez un frère, et il vous ressemble ce qui est
un moindre mal, éventuellement...
Pourriez vous discrètement m'informer de sa situation... disons, sentimentale?
Bien à Vous, cruel...
Germaine Moutas.


caminares 23/08/2010 17:24



Alors là, je reste sans voix! Vous êtes pire que le coucou..........



Francette Dufour 20/08/2010 09:28


Bonjour Mr Caminares,
Lectrice depuis peu de votre blog, j'en aime les article et les albums photos s'y rattachant. Ils sont très bien écrit, et compréhensibles par toutes et tous.
Votre acolyte de ce blog, à l'inverse, est un peu "tartignol" et pédant à mon goût. Quand pensez vous, Ne serait il pas judicieux qu'il cessa ses élucubrations pseudos philosophiques qui n'apporte
rien à notre passion randonneuse.
Pour en revenir à l'essentiel de votre article sur les Pyrénées, voilà qui donne envies d'aller sur le GR10 d'Hendaye à Banyuls...! Peut être que le hasard nous le fera parcourir ensemble, qui
sait? Vous avez mon adresse mail, et je vous trouve à votre avantage sur la photo de l'hôtel du cirque...
(pourriez vous préciser cependant si vous êtes libre et quel est le prix des chambre de cet hôtel?)
Bien à Vous,
Francette Dufour.


caminares 23/08/2010 17:22



Désolé, mon coeur est déjà pris..... Madame Moutas, vous pouvez bien chager d'identité, vous ne me roulerez pas dans la farine....