Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 16:38

Après la visite des Eaux Tortes, puis la rencontre avec les bouquetins, nos pauvres jambes eurent le criant besoin d'un peu de repos. Mais s'arrêter de marcher, surement pas.

Alors, prenant en main la dernière édition de "La vallée de l'Ubaye ...à pied", je concoctai deux balades autour du patrimoine ubayen: les chapelles, la ligne Maginot des Alpes...

Situé au dessus de la Condamine-Châtelard, le petit hameau du Châtelard surplombe la vallée de l'Ubaye, tel un faucon en son aire surveillant le passage...

Au départ du hameau, un panneau de bois donne le tempo: "Balade des Chapelles-1h30". Il nous faudra mettre les ponchos en ce jeudi après-midi, le plafond est bas, une petite pluie d'été s'abat sur nous sans prévenir. La chaleur de ces jours derniers s'estompe au fur et à mesure que l'ondée estivale arrose le paysage.

Peu de dénivellé, à peine deux cent mètres, mais cela sera bien suffisant pour aujourd'hui...

Le chemin, large et praticable attaque le flan escarpé de l'adret en large lacet. Le panorama s'ouvre peu à peu et bientôt, l'ancien Castellorum, niché au creux de sa falaise, s'offre tout entier. A notre droite, la Croix de l'Alpe est invisible. De lourds nuages bouchent l'horizon.

Nous arrivons bientôt à une croisée de chemin. A droite toute! La sente serpente tout en montée, nous redécouvrons de bonne sensation, le silence se fait et la marche, malgré la pente s'accélère....

Et nous oublions la Chapelle St Jean Batiste!

Une ruine est en vue. La pluie a cessé, Anne-Marie et Marie-Hélène cueillent du serpolet. Devant, Alexandre chambre son père.... A la ruine, nous constatons le déplorable travail du temps, mais aussi la lente patience des anciens occupants des lieux: de longs et hauts murets de pierre, des fruitiers redevenus sauvages, l'emplacement d'un ancien potager....

Le sentier s'incurve sur la gauche et traverse un ravin où l'onde fraiche dévalle de pierre en pierre.

La passerelle franchit, nous arrivons bientôt à l'entrée du hameau de Grach-Bas. Le fort de Tournoux nous fait face. Un pale rayon de soleil daigne enfin se montrer.

Déception: la chapelle en ces lieux est en piteux état....

Bien vite, nous retrouvons la départementale et la Chapelle St Roch, vide...

Un peu déçus, nous rejoignons le Châtelard où la visite de la Chapelle et de l'Eglise St Clément s'impose.

Même constat. Ces bâtiments auraient vraiment besoin d'un bon coup de rénovation!

La balade est courte, elle se fait en moins de deux heures, les paysages sont beaux! Cela atténue la déception due à l'état du patromoine local.....

 

Défendant le Col de Larche, une étrange construction invisible de la route se cache dans les profondeurs de la montagne: le fort de Roche-La Croix, dénommé aussi par les gens du coin: le sous-marin.

Ce sera notre dernière destination. Nous avons réservé nos places pour la visite de l'après-midi. Mais avant, nous irons bien sûr nous dégourdir les jambes en allant à la recherche du Fort supérieur de Roche-La Croix. Car ici, de tous temps, toutes époques, les hommes ont cherché à se protéger d'un éventuel envahisseur venu de l'autre côté de la montagne.

Peu après la Condamine-Châtelard, une route forestière s'élève en lacets longs et caillouteux et nous amène au coeur de la forêt, au pied de l'étrange bâtisse. Ayant laissé là notre véhicule, nous empruntons un raidillon qui nous amènera en moins d'une heure deux cent mètres plus haut au bord des douves du Fort supérieur.

Un peu d'histoire: au 19ième siècle, un certain Séré de Rivières bâtira deux fort, l'un à deux mille mètres d'altitude, l'autre à 1900, afin de vérrouiller le  Col de Larche et de protéger le fort de Tournoux, situé un peu plus bas dans la vallée. Au dessus de nous, se trouve la batterie de Séguret, sur la montagne éponyme. Face à nous, les batteries de St Ours, celle de la Viraysse complète le système défensif.

Dans les années trente du siècle dernier, ces forts seront intégrés dans la Ligne Maginot des Alpes.

C'est ainsi que le fort inférieur de Roche-La Croix deviendra le sous-marin et la pièce maitresse du dispositif. 

D'abord, nous pénétrons dans un corridor, où, une fois la porte fermée, le froid et l'humidité nous assaille. Eté comme hiver, la température est de ... 6 degrés.... Au dessus de nous, plus de cent mètres de montagne...

Notre hôte est un passionné et un bénévole de l'association pour la sauvegarde du patrimoine de la vallée de l'Ubaye. Pendant près de deux heures, il nous fournira toutes les indications sur la vie à bord et sur le matériel utilisé: les moteurs Diesel, les extrateurs d'air vicié, les reserves d'eau directement pompée dans le ravin de Séguret proche, les mortiers de 75mm et 81mm, les canons de 130mm, les différence d'utilisation, le tir tendu....

Nous finissons la visite par l'impressionnante tourelle des canons. Un immense et lourd bras de levier, une coupole de plusieurs tonnes qui se soulève, le tir soudain et bref, la coupole qui se referme....

Car tous les tirs se faisaient en aveugle, avec les seules explications des observateurs postés sur les sommets alentours....

Nous imaginons le bruit, la lumière jamais éteinte, la promiscuité, les bousculades dans les couloirs, les ordres donnés...

Nous comprenons mieux alors, l'appellation de sous-marin. 144 hommes vivaient là, dans l'attente de l'horreur....

144 hommes qui ne faisaient que leur devoir.....

Revenus à la lumière et à la chaleur du jour, nous avons inconsciemment gardé le silence quelques instants...

 

 

Par caminares - Publié dans : compte rendu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés