Poésie de Saint Guilhem le Désert

Publié le par Lou Reïgis

<< Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.>>

Ainsi peut résonner cet aphorisme de René Char*, l'entre lignes de la belle balade de Francis sur le chemin de Compostelle, à St Guilhem le Desert. C'est aussi une ballade au coeur de l'essentiel, silence musical en sac à do majeur.

Francis a choisi le composé d'un verbe occitan pour patronyme blogeurs: Caminares, "Tu marcheras". C'est le sud conjugué au futur, esquissé au fusain intemporel. L'écheveau des lignes de nos vies se découvre au tournant de quelques "fluctuat nec mergitur" souqués dans les eaux troubles des mercuriales. Nous avançons ainsi habités d'impures légendes et de sillons tremblants et incertains. Pèlerins des rudes pentes de la vie et des vents du large qui happent nos rêves: "caminarem"!...

Francis avance sous les salves d'un présent jaillis du vide cosmique. La salive des jours mélangée à la terre glaise de nos pensées fabrique une jarre dont le vide intérieur nous révèle l'usage prométhéen. C'est le continuum d'une dimension mesurée à l'alchimie qui nous compose. La transformation universelle par l'ineffable et l'inconnaissable.

Mécréant définit par une spiritualité à âme chercheuse, Francis trouvera sur le chemin de Compostelle et d'ailleurs les piliers de la sagesse, ceux qui soutiennent l'ombre portée des promesses intérieures sous le déversoir géant de nos capes de pluie.

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*René Char, Fureur et mystère nrf Poésie/Gallimard

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