Samedi 17 octobre 2009
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En repérage d'un chemin de randonnée, avec Mikalette et Myriam, il m'est venu une réflexion en lien directe avec une
actualité immémoriale.
Jean Ziegler, sociologue de réputation internationale, auteur d'un livre coup de poing intitulé "la haine de l'occident" aux éditions Albin Michel, dénonce entre-autre chose, la perversion des pays
du Nord qui affament ceux du Sud par le capitalisme pervers de quelques grandes multinationales, hydres sans tête.
Jean Ziegler appartient à la sphère onusienne, au registre des Droits de l'Homme et, à ce titre, il est sujet à de nombreuses polémiques par ses prises de positions anti-Etasunienne,
anti-Israélienne et en gros anti- Occidentale, et seule une lecture de ses livres vous permettrons de vous forger une opinion.
C'est la souvenance d'une interview de ce Suisse, à la radio, et plus précisément dans une émission intitulé: "la bas si j'y suis" de Daniel Mermet sur France-Inter chaque jour à 15h, qui m'a amené
vers des réflexions que je m'en va vous livrer...
Hors donc, cet après midi là, le chemin traversait un bois de châtaigniers.
Sous nos pas, un amoncellement de châtaignes, "merles" "combales" "bouches-rouges" que la nature généreuse offrait.
Ces fruits jonchant le sol, les "bogs" encore suspendues aux branches, étaient une invitation à faire bombance.
En d'autres temps pas si éloignés que cela, ces produits de la terre constituaient un apport et un rapport non négligeable à l'économie rurale autarcique de nos pays.
Aujourd'hui, pour la crème de marron, les fruits du marronnier viennent d'outre-Alpes quand se n'est pas de Chine...
On appelle cela le "progrès", la "mondialisation", alors que se n'est en définitive qu'une aberration, un avatar de plus de la pensée unique de l'économie de marché à l'usage de la micro-économie
de la châtaigne.
J'en passe et des meilleures, comme dirait l'autre...
A Extrémianoux, un Grand-Père assis sous un châtaignier, son chien près de lui, son Massey-Fergusson silencieux, s'occupait à sa récolte.
Un brin de conversation plus tard, il nous apprit l'abandon du ramassage des fruits de l'automne par des propriétaires nourris au biberon de la société de consommation des trente glorieuses.
Pas même désabusé le Grand-Père, fataliste voilà tout.
Crève-coeur que ces châtaignes oubliées.
Les 3/4 de la population mondiale crève de faim.
Nous crevons du cancer de la corne d'abondance.
Nous crevons de jalousie d'en avoir plus que son voisin.
Nous crevons d'une révolte qui ne se lève pas.
Nous crevons de la peur qu'elle arrive.
Nous crevons de honte dans le huis clos de notre conscience.
L'automne est une saison mélancolique...
Par lou Reïgis
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