On a fait dans la dentelle, à Montmirail...

Publié le par Lou Reïgis

L'intitulé de cette chronique est d'un classicisme stylistique parfaitement assumé. Mais il reflète la réalité d'un vécu ensoleillé et venteux, sur le terrain apostolique des mythologies gréco-provençales.

divers-4747.JPG

Caminarès, qu'une forme olympique enveloppe dès que ses pieds chaussés foulent ces terroirs picaresques, bordés de caveaux endémiques où reposent et viennent à maturation quelques sublimes nectars des dieux, nous dirigea avec un brio mêlé d'empirisme. La petite troupe de sept personnes, composée de cinq gourgandines de la rando et de deux éphèbes à la mâle assurance, a composé une étole parfaitement déposée sur une aube Provençale. Montmirail est une liturgie pleine de lumière à nul autre pareille, dont les tables de la loi descendent du mont Ventoux. Caminarès, en Moïse de la rando, nous montra avec une émotion toute cérébrale, combien le fascinait le mythique géant de la Provence. Son mysticisme, en souffrance d'une révélation post marxiste, révéla en ces lieux le mystère de ses intuitions spirituelles.

divers-4708.JPG

Il nous fit nous élever au dessus de nous même, dans ces ascensions ultimes des sentiers de la découverte. Le sac à dos de nos habitudes communes, les souliers crottés de nos offices routiniers, et nos prières hebdomadaires pour l'effacement des emmerdements de la vie dans la panacée illusoire des fins de semaines, voilà les folles espérances silencieuses qui commandent notre absurde société consumériste.

divers-4741.JPG

Ainsi nous avons grimpés sur les roches de Montmirail, pris des sentes sauvages, escaladés une cascade aux eaux endoréiques, ployés sous un soleil hivernal, glacial et Eolien, dans un bonheur et une joie exogène sans laquelle il n'y a pas de plaisir.

Dans une chapelle humble comme la foi des pénitents sincères, Caminarès jeta sa gourme dionysiaque à la repentance agité de ses ombres intérieures.

divers 4772

Bien sûr, quelques femelles légremis donnèrent à cette rando en dentelle l'allure parfois d'une sauvage liberté langagière. A dieu ne plaise qu'elles se contentèrent d'intentions verbales aguicheuses et provocatrices. D'ailleurs, le souffle court, l'inquiétude du sommet à atteindre par des voies escarpées, les poses et déposes du surplus embarqué de laines polaires, modérèrent leurs élans rabelaisiens. Si quelques unes eussent aimées qu'on leur titilla les saints, faut avouer (que cette litanie là) est à moitié pardonnée...

Vous avez ainsi compris combien cette balade se fit dans la dentelle... Celle de l'amitié, de la bonne humeur, de l'humour potache que l'on paye en arriéré de notre jeunesse éloignée...

divers-4682.JPG

Voir l'album  Les-dentelles-de-Montmirail

Publié dans chronique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article