Les Merveilles de Lou Reïgis...

Publié le par caminares

Ainsi donc, le refuge des Merveilles nous abrita pour une nuit....

Dormir dans un refuge... Quel instant merveilleux!

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En ce beau pays du Mercantour, français depuis 1947, de nombreux randonneurs transalpins, comme en pélerinage sur une terre qui fut la leur, posent leurs pas sur la rocaille chamarrée de la Vallée des Merveilles... C'est ainsi que, le soir venu, nous partâgeames le bat flan avec une bonne quinzaine d'hommes et de femmes venu de la proche Italie....

Dans un refuge, l'extinction des feux est obligatoire à 22 heures.

Lors donc, emmitouflé dans son sac à viande, mon Lou Reïgis, la pénombre venue, s'installa avec délice dans les bras de Morphée. Je n'ai jamais vu un homme s'endormir aussi vite: aussitôt allongé, aussitôt endormi!

Alors, je ne sais pris par quel rêve initiatique, inspiré peut-être par sa visite aux gravures rupestres, notre homme s'installa dans un ronflement sonore qui, la nuit entière, dura... Oh, certes, il ne fut pas le seul. En cette nuit divine, alors que lentement la neige épandait son blanc manteau, un concert s'éleva: en face, un ronflement lent et saccadé; au fond à droite, un plus aigu, féminin sans doute, rapide et léger. Et puis, tout près de moi, seulement séparé par sa douce Miminne qui n'en pouvait mais, le ronflement altier, puissant et régulier de mon Lou Reïgis préféré.

Certains furent pris d'une crise de fou-rire homérique, mais rien ni fit; Son altesse dormit. Et dormit bien...

Le matin venu, je crus au pugilat: excédé, énervé par une nuit sans rêve et surtout sans sommeil, vociférant en latin moderne, un randonneur se jeta sur Lou Reïgis qui, l'âme sereine, rangeait tranquillement son sac.

Alors, lâchement, celui-ci me vendit à la vindicte romaine.... Décontenancé par l'attitude du quidam, l'homme, quelque peu surpris, resta bouche bée...

Et l'histoire se termina dans un éclat de rire général...

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