Le Prince de la Boulange...

Publié le par caminares

Le geste est assuré. La maîtrise parfaite... La leçon peut débuter, Maître Jean Yves est au manette....pain 2

Sur la table de bois ciré, il "compte" fleurette (*) avec adresse avant de prendre la boule que l'on croirait inerte.....

Mais non, l'alchimie magique se sublime encore depuis qu'avec de l'eau, de la farine, du sel et du levain, à l'aide de son pétrin de poche dans le village où résonne les cloches, notre ami boulanger a préparé sa pâte.

"Il faut qu'elle se repose", m'a-t-il dit recouvrant ses pâtons d'un linge propre.... Paradoxe du métier, quand elle se repose, elle lève.... Allez comprendre....

Ce soir, nous fêtons les 60 ans du beauf-frère, Jean Yves fait le pain. Attentifs, nous l'écoutons nous expliquer comment on fait du bon levain. Cinquante grammes de farine, autant d'eau, du miel. Puis, recommencer, en doublant la farine et moitié d'eau en oubliant désormais le miel, jusqu'à obtenir la quantité désirée. Ne pas oublier de laisser reposer entre chaque opération... Je n'entrerai pas dans les détails de cette subtile transmutation, j'aurai bien trop peur, de mémoire, de vous conter des carabistouilles et de déclencher ainsi la ire ironique de mon Lou Reïgis de compère....

Car, boulanger, c'est un métier, quand on fait du pain, ce n'est pas pour "de rire"....

Depuis longtemps déjà, son neveu a préchauffé le four qui trône dans le jardin.

pain 5Les boules sont prêtes. Devant l'imposant édifice, notre Brigadier (**) d'un jour retire les braises incandescentes, le foyer est à bonne température, il ne manque plus qu'à enfourner.

Mais avant, d'un geste sûr, le boulanger retrouvant les gestes ancestraux scarifie les boules. "Ce n'est pas que pour faire joli, cela permet aussi à la vapeur d'eau de s'échapper, aux boules de bien se comporter sous la sole  en châleur"...

Le soir venu, les douze pains de mon ami Jean Yves feront le bonheur des soixantes-dix convives....

 

(*) La fleurette: poudre de noyau d'olive écrasé que l'on jette avec adresse sur le linge ou le plan de travail, pour ne pas que la pâte colle. Olive noire ou verte? L'histoire ne le dit pas....

pain 4Préparation de la boule : le pesage


(**) Le Brigadier: nom donné autrefois au boulanger responsable des cuissons

pain 6Jean Yves et son Brigadier

Pain 1Préparation de la pâte : le pétrissage

Publié dans chronique

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régine 11/07/2013 20:16

A mon tour de mettre mon petit grain de sel;J'avais en effet la même observation que mon frère.Tu as répondu entre temps. Mon frère a une très belle photo que tu pourrais rajouter.

Je t'embrasse Au plaisir régine sasoeur!

caminares 12/07/2013 15:00



Mettre un petit grain de sel dans la pâte me semble effectivement très opportun.... Je vais donc lui demander de m'envoyer cette photo....



Lou Reïgis 11/07/2013 17:55

Ha, coquin de Caminares!
Mais si tu avais mis les photos du résultat final c'eut été mieux!
Bon, pour les noyaux d'olives, si tu trouves une différence une fois l'olive dénoyauté...
Tu as bien retenu les termes techniques, notamment le mot inusité aujourd'hui de "brigadier". Il faut rendre justice à mon Jules de neveux qui à parfaitement maîtriser la phase délicate de la
cuisson en four bâti, à bois.
Son Grand-Père Amédée a dû être ému de le voir ainsi s'appliquer à la tâche et réussir avec talent et conviction une cuisson parfaite. Bon sang ne serait mentir...
!

caminares 11/07/2013 18:37



Ouf! Je passe avec succès l'épreuve du pain..... Je peux faire Coco Anta ou un truc de ce genre... Quand aux photos ,désolé pour la qualité elles sont  toutes extraites de vidéos de mon
téléphone que la décence, vu certains propos tenus, ne me permet pas de mettre en ligne. Une histoire de comparaison de miches, bien dures, bien fermes, bien rondes.... Et je n'ai pas pensé à
prendre le pain une fois sur les tables. Mais pour l'avoir débité en tranches et bien sûr dégusté, je confirme : tu n'as pas perdu la main....