Le pain nomade

Publié le par Lou Reïgis

Il y a peu de temps, à l'écoute d'une émission de radio intitulée "les racines du ciel", sur France-Culture, dont le sujet était le pain, il m'est revenu à la mémoire des souvenirs d'hier et même d'avant hier...

La bonne odeur du fournil de mon père, le "chant" du pain à la sortie du four, l'odeur des brioches et des croissants, la beauté et la saveur du produit de son travail, tout cela empreint aujourd'hui encore ma vie.

<< Quand les hommes et les dieux étaient en amitié, le monde agraire expérimentait l'existence en considérant les principes universels >>. Les champs de blés ondoyaient sous le vent et le soleil, recevaient la pluie et la sueur des hommes, pour donner après transformation, le pain nourricier.

Aujourd'hui, ce que nous appelons le progrès, met à mal la valeur ancestrale et symbolique de notre pain quotidien. Dans notre civilisation industrielle, le produire à supplanté la nécessité de produire. Ici, en occident, nous mangeons à notre faim, et le prix de vivre se paye au rayons discount de la nourriture poison...

Lors d'un trek au Maroc, l'an dernier, Brahim et ses compagnons Berbères fabriquaient le pain de chaque jour. Un pain sans levain, souvent sans levure, et qui donnait un goût et une saveur remarquable. Pas de four, mais une cuisson sur une poêle tapissée de petits cailloux, à même la flamme d'un foyer abrité de trois pierres. C'est ainsi que les nomades assuraient leur pain quotidien. La valeur ressentie de leur travail, induisit un respect absolu de ce pain journalier. Jamais nous ne jetâmes un gramme de ce pain...

Je n'entrerais pas ici dans un propos philosophique, historique ou politique sur l'évolution de nos sociétés de consommation à travers le symbole du pain. Deux ouvrages vous en apprendrons bien plus que je ne saurais le faire. Le premier est le "Dictionnaire Universel du Pain" de Jean-Philippe de Tonnac aux éditions Robert Laffont, et pour ceux qui ont le sens des valeurs intemporelles, de la transmission du savoir retrouvé et de la pérennité de la Vie, "Apprendre à faire son pain au levain naturel" de Henri Granier aux éditions Ouest France.

Enfin, retrouvez en cliquant sur ce lien  Méchoui où? au Siroua! le récit et l'album photo  Mechoui-au-Siroua Mechoui-au-Siroua qui rappellent combien sont  émouvantes la richesse des rencontres, à l'heure où de grands bouleversements issus d'une longue, difficile et douloureuse fermentation, arrivent à maturité en ces pays qui virent naître notre humanité et notre pain quotidien...

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Publié dans chronique

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