Le mauvais coup du père François

Publié le par caminares

Il fallait bien que cela arriva un jour. Cavanna a tiré sa révérence à son corps défendant. 90 piges et vlan...! va t'en voir au Père Lachaise si j'y suis. Et bien putain de bordel de merde, ça fait chier...!

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 Ce type était assez magnifiquement con pour avoir cette utopie ultime de vouloir tuer la mort. Avec un budget équivalent à celui de l'armée donné à la recherche fondamentale, il affirmait que cela était possible... Vous dire si le vieux était "perché ", mais visionnaire en ce sens où il y a pas de bonne ou de mauvaise vie si la mort n'est pas trucidée, au moins philosophiquement. Parce que pour le physiquement parlant, si le ciel peut attendre, comme qui dirait l'autre, la camarde sourit toujours aux audacieux qui tentent de lui niquer la gueule, en les prolongeant quelques soleils et quelques lunes de plus. Mais à la fin, elle triomphe à la Pyrrhus, figurez vous quand, des types comme Cavanna, portent haut et à vif le fer du verbe truculent, féroce et juste.

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Un type du bâtiment, Cavanna, de ceux qui travaille le mot, le verbe comme on bâti un édifice qui tiendra debout plusieurs générations de combattants... De ceux qui disent merde à la bien pensence dégoulinante de morale à l'usage des autres à l'exception d'eux même... De ceux qui s'abritent sous le parapluie troué des convenances sociales pour mieux justifier leur morale merdique... De ceux qui pontifient le présent avec l'ignorance des trous du culs qui se voient comme des bienfaiteurs de l'humanité...

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Je ne vais pas vous faire l'hagiographie de Cavanna, car si les mots ont encore un sens, le bonhomme n'était pas un saint. Il était bien mieux que cela! un Anar, le père François, un vrai, de ceux que moi, minus d'entre les minus, je ne serai jamais tout à fait. Quoique.... 

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Un souvenir personnel: nous sommes en 1970, je suis emprisonné dans une école confessionnelle à Aubenas. J'ai 13 ans, j'étouffe et je suis malheureux comme un rat mort... 9 novembre de cette année là, le Grand Charles casse sa pipe en échouant à une réussite... Quelques jours plus tard, la une de "Hara-Kiri Hebdo", journal "bête et méchant", un titre:" Bal tragique à Colombey, un mort"... Tout est dit dans ce titre qui met en perspective les 146 jeunes, morts dans un dancing, le 5/7 à St Laurent du Pont, quelques jours plutôt, et le célèbre Général qui niqua la gueule à Pétain, contre tous les usages civilisés et militaires .... Et bien j'ai ri ! mais ri !!! devant l'évidence de ce gigantesque décalage et du sens d'une réalité tragi-comique. Une bouffée de liberté de penser dans un enfermement suintant le cul-bénisme dans lequel j'étouffais. Plus tard, ados je devins un lecteur assidu de "Charly Hebdo", comme des oeuvres du Grand Charles, par ailleurs...

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Amis lecteurs de ce blog, si vous ne connaissez pas encore les livres de Cavanna, lisez donc cette fabuleuse trilogie que constitue "Les Ritals", "Les Russkofs" et "Maria". C'est en lisant ces trois ouvrages que j'ai saisi enfin pourquoi le silence au regard bleu triste et mélancolique de mon père sur sa jeunesse, entre 1943 et 1945.

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François Cavanna lui a prêté ses mots, grâce lui soit rendue.

 

  PS : Rendons à César, ce qui est à Jean Yves.... Surement pris par une émotion que je comprends puisque je la partage, mon Jean Yves a laissé ma signature au bas de cet article. Je ne suis pas sûr que j'aurai rendu avec autant de force un tel hommage à ce cher François.... Grâce soit donc rendu à Jean-Yves. Et merci pour ce vibrant hommage.... 


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