Partager l'article ! On l'appelait Zize...: Il s'appelait Zize. Je n'ai jamais su son vrai prénom, tout le monde le nommait ainsi... A quatre vin ...
CAMINAREM TOGETHER !
Il s'appelait Zize.
Je n'ai jamais su son vrai prénom, tout le monde le nommait ainsi...
A quatre vingt cinq ans, il s'en est allé sur le chemin des étoiles......
Et je me souviens d'une première fois, alors que nous étions parti pour une longue randonnée, là-haut, vers le Col de la Gardette. Les enfants étaient petits.
Au retour, il nous attendait, au milieu de cerisiers presque redevenus sauvages. Les cerises étaient cueillies, nous n'avions plus qu'à nous régaler.
"Pour les enfants" avait-il dit...
Plus tard, il nous fit profiter de ses cueillettes de morilles que Christophe et Danièle, mais amis Trafans, transformaient en une succulente omelette.
Pour le remercier, je detournais "Gare au gorille" de Brassens, le tansformant en un homérique "Gare au Morilles"... Et le soir, au moment du repas avec tous les anciens du canton, j'avais entonné ma dernière composition...
Souvent, lors de mes séjours au Gournier, il me demandera: "Tu me la chantes, ta chanson, Gare aux Morilles?"; et de bonne grâce, j'attrapais ma guitare et entonnais ce pastiche dont il connaissait les paroles par coeur...
Il y eut aussi l'amontagnage: pour le 14 juillet, on monte les vaches à l'estive, à la cabane de Chargès, où le curé bénit les troupeaux après un messe en plein air.
"Zize, tu montes avec nous demain à 5h du matin?
- Sûr que non! Je monterai plus tard! Et je serai bien là-haut avant vous! Et puis, dans ton sac à dos, monte du vin blanc, l'eau, y en a plein la montagne..."
Et à notre arrivée, Zize, bras croisés, sourire rayonnant, nous attendait au pied de la croix dressée pour la circonstance...
"Eh! Par où t'es passé Zize!
- Oh, la montagne, on la connait".. et il n'en disait pas plus...
Souvent, alors que notre séjour se terminait, à notre départ vers la vallée et notre quotidien, il me disait:
"Tu seras pas là ce soir, à l'heure de l'apéro?
- Eh, non, tu sais, avec la circulation, on est obligé de partir de bonne heure...
- Oh! Vous connaissez le chemin, vous reviendrez bien..." Mais dans le même temps, son sourire se voilait un peu...
Mais il était toujours là, au moment de notre départ, pour nous saluer...
Là-bas, au pied de ces montagnes où il passa toute sa vie, l'eau vive du Réallon ne murmura plus la même mélodie... Son sourire charmeur ne rayonnera plus en voyant passer une belle vacancière...
Zize a rejoint tous ceux qui resteront à jamais gravé dans ma mémoire....
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires