La Grande Vadrouille

Publié le par Lou Reïgis

Le major Achbach, vous vous souvenez? Stanilas Lefort chef d'orchestre à l'Opéra de paris, ça ne vous dit rien? Bon, La Grande Vadrouille et la scène où Louis de Funès et Benno Sterzenbach se retrouvent dans le même plumard? Ha! là vous y êtes, hein? Et bien le week-end dernier de formation du CDRP 07 au module de base, à Voguë, vit la rediff in live d'une scène de ce grand film populaire des années 60.

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Il y avait une nuit entre le samedi et le dimanche, au centre de vacance du domaine Lou Capitelle, lieu de débauche déboussolé des aficionados des lectures de carte tout azimut...

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Il y avait une nuit... et putain de moine, quelle nuit! J'ai dormi avec le major Achbach, le quintal assumé, la panse velue soumise à un pensum post souper qui concertise dans un maëlstrom borborygmique allant du soufflet de forge en période d'expansion économique, en longs pets de nonnes nourries aux rutabagas de la frugalité monastique. Autrement dit, "le bruit, les odeurs, le bruit du rando-ronfleur" pour reprendre un air bien connu du groupe Toulousain "Zebda".

C'est qu'il était dans une forme olympique mon pote Caminares! Et d'une mauvaise foi cassoulet! << Mais non je ronfle pas, puisque je dors pas, couillon! >> me disait il, entre deux sifflements de mézigue empruntés à Stanilas Lefort, chef d'orchestre à l'Opéra de Paris...

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Et ce fut un beau concert, un duo épatant et délirant qui commença par une lecture prosélyte d'une oeuvre de René Char au titre prémonitoire: "Fureur et mystère"* sur laquelle mon major s'endormit illico. Outré par ce snobisme franchouillard de populo gaucho analphabète et inculte, considérant seul le cochon comme le sommet de lard Français, je le secouais avec la conviction d'un missionnaire évangélisateur en pays païen. Las, Achbach demeura insensible à la poésie du citoyen de l'Isle sur la Sorgue. Faut dire que quant on est né à Aubenas...

Et c'est là que toute la mauvaise foi de Caminarès trouva sa plus belle maturité. 60 années au vin d'octobre et autant d'assujettissantes sévères au tanin éprouvé en fût de chêne.

<< Mais toi aussi tu ronfles, hé couillon de Lou Reïgis!!!>> << Tu m'empêches de dormir, fais chier, putain!!>> me serina mon major Achbach tout au long de cette nuit musicale et odorante.

Je tiens à apporter ici un démanti solennnel: je ne ronfle jamais sans la présence de mon épouse Myriam, car j'ai une bonne éducation moi, qui m'interdit d'oeuvrer en sonorité laryngé ailleurs que dans le lit conjugal.

Et que mon major Achbach préféré se le tienne pour dit.

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* "Fureur et mystère" René Char nrf Poésie/Gallimard


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