Fils de pute, enculé d'ta mèr'...

Publié le par Lou Reïgis

Les temps sont ainsi fait que les horions, les insultes insanes sont devenus banalités normatives.

Depuis quelques nuits, j'exerce le noble métier de caissier de nuit dans une station d'autoroute. Quelques jeunes de la périphérie urbaine ont trouvé ce non lieu pour exercer le droit le plus naturel qui soit au monde, celui de vivre dans la liberté la plus absolue, celle des primates d'avant l'homme.

Quoiqu'il m'arrive de penser que les prés-humains devaient avoir une idée instinctive du respect et de la sociabilité, indispensable à l'évolution de l'espèce... "Fils de pute, enculé d'ta mèr, si tu bouge j'te crève!" Et de pratiquer la razzia dans la boutique ouverte la nuit, sur quelques produits comestibles et boissons gazeuses, saccageant au passage jusqu'à la porte de l'issu de secours... Tout un symbole...!

Je ne vous ferais pas ici un tableau apocalyptique de la dérive des comportements sociaux. Les derniers soubresauts de la tectonique des plaques au pays du soleil levant, et les réactions en chaînes qui ont suivies, donnent une idée symbolique de ce qui nous attend tôt ou tard dans le domaine des rapports entre les hommes.

Une petite observation cependant. Par la marchandisation délétère de tout ce qui fait l'indispensable et grégaire destin des hommes, l'eau, les céréales et l'énergie productrice de bien être, notre terre va de Charybde en Scylla. Bien sur, d'autres raisons diverses et avariées nous sont données chaque fois qu'un événement "révélateur" de notre société éclate comme une bulle dans l'aquarium télévisuel, gobés par des poissons rouges vautrés dans leurs fauteuils...

Je n'ai pas de solution pour renverser le cours des choses. Seul, je pense, une promotion et un enseignement acharné du fondement des valeurs principales du vivre ensemble écrites sur le fronton de nos édifices républicains peut et doit diriger la marche sans boussole de notre temps.

Liberté, Egalité, Fraternité.

Qui a une autre solution? Que les "fils de pute" et tous les "enculé d'ta mèr'", les insultés de la vie ordinaire gardent courage.

La dignité leur appartient. Elle ne se marchande pas.

Publié dans chronique

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