Ferme des Mayorques

Publié le par caminares

Mon idée première, en ce lundi de Pentecôte enfin ensoleillé, était de remonter les Gorges du Régalon...

Mais voilà! La pluie de ces derniers jours rendait impraticable le cheminement. Certes, j'aurai pu mettre les pieds dans l'eau froide, attraper un gros rhume et jouer à l'apprenti "Indiana Jones.." Et ne pas franchir la cascade, habituellement à sec!

03-Accès interditJ'aurai pu aussi, évitant les réflexions ironiques de mon Lou Reïgis de Compère, prendre les renseignements avant.

Mais que nenni! Je connais le coin!

D'ailleurs, discutant avec un berger autochtone, celui-ci m'avoua que cela faisait bien longtemps que le Régalon ne nous avait pas régalé!

Et toc pour icelui, qui, je l'entends d'ici, se gausse de mon inconscience...

Alors, déroulant ma carte telle un étendard, et après avoir apprécié la dénivelée qui m'attendait, je pris le chemin du Crau de Mayorques par la sente montante que j'avais prévue descendante (Tu suis mon bon compère?).

Les oiseaux gazouillaient à qui mieux mieux, une brise légère accompagna mes premiers pas vers la montagne souveraine. Le Lubéron se mérite... Je dis bien bé et non pas beu.... Lubéron, pas Lubeuron comme le disent les français du Nord, la bouche en cul de poule, venus ici trouver une très chère villégiature... On aime les accents, nous dans le sud, que diable!

Mais je digresse...

Bref, très vite, le sentier accélère sa rude pente et finit en calade avant d'atteindre la plateau par un lieu nommé Croupatas... Cela ne s'invente pas...

Le crau des Mayorques est un beau plateau, où les traces de vie remonte à l'an pèbre... C'est dire....

16-Crau de mayorques, PanoramaLes vaudois s'y réfugièrent, la ferme daterait de cette époque... Ici, champs d'amandiers, abricotiers endémiques, cultures rudes et ancestrales ont fait vivre chichement des générations d'hommes et de femmes...

A l'ombre d'un grand amandier, je me suis reposé, sortant de mon sac, ma frugale pitance du jour.... En ce lieu magique, mon esprit s'en est allé au loin, emporté par le vent léger.... J'ai vu des paysans à la peine, des réfugiés, honnis et bannis par la puissance imbécile d'autres hommes sûrs d'avoir la connaissance alors que ce n'était qu'obscurantisme....

29-La fermePuis, comme à regret, j'ai repris ma route, remontant encore plus avant dans ce Lubéron aux couleurs magnifiques après les pluie de printemps. Coquelicots, Lins, Thyms, Aphyllantes de Montpellier, faisaient autant de tâches multicolores dans la symphonie des dégradés de vert....

Un carrefour. Me voilà par une large piste descendante vers le Trou du Rat... Mais je n'irai pas jusque là... Non... pour moi, ce sera un vallon au nom charmant, empli de promesse, le Vallon de la Peine! Je n'y suis pas encore...

Un Crecerelle, immobile dans l'azur, est en chasse. Soudain, il plonge puis remonte et se pose sur la cîme d'un grand cèdre. Au fur et mesure que je progresse, la végétation change. La piste longe un ru pourtant tari.

L'eau doit être présente, en sous-sol... Plus ou peu de pin d'Alep. Des cèdres, des frènes, des érables champêtres et de Montpellier, de grands buis.

Je débouche près d'une ruine où tronent encore deux beaux tilleuls: le Bastidou de la Petrassy....

37-Bastidou de la PetrassyUn puits maçonné malheureusement à sec, indique que la vie ici, surement dure, était possible.

Me voici à la croisée des chemins.

Délibérement, je laisse le balisage orange et jaune et plonge dans le Vallon de la Peine... D'abord, tout est silencieux, comme si le nom de cet endroit méritait le silence. Soudain, les trilles d'un merle éclate, et bientôt, un orchestre invisible m'accompagne. Des elfes multicolores, venus de je ne sais où, volettent autour de moi. Je m'enfonce dans ce méandre verdoyant et la pente s'incurve rapidement.

43-Vallon de la PeineBientôt, j'atteins la barrière interdisant l'accès à tous véhicules, puis je débouche en bordure d'un grand champ. Tout en haut d'un rocher séculaire, un mur ruiné domine le paysage. J'arrive à la Roquette et rejoins la large piste.

Le temps change. Les nuages s'accumulent, le vent fraichi, il est temps de rejoindre mon carrosse...

Dans moins d'une heure, j'aurai bouclé la boucle....

 

 Voir l'album Photos "Ferme des Mayorques

 

 

 



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Lou Reïgis 21/05/2013 09:12

Agnès avait donc raison de me signaler que tu ne pourrais te rendre au Régalon, compte tenu des intempéries de ces derniers jours...
J'ai noté "frugale repas"... Attention mon bon Caminares à ne pas faire dans la surenchère de mauvaise chair, pour une ligne aléatoire de dégraissions!
J'ai noté: "me voilà à la croisée des chemins", une photo d'un oratoire, "la puissance de l'obscurantisme"... Dis donc mais tu es prêt pour monter en chaire!!!!

caminares 21/05/2013 18:29



Tu as raison! En chaire et en os! J'ai écrit frugal repas? Ah bon....



Moun 20/05/2013 20:51

Bonsoir bonsoir.
Une journée fort bien remplie et des pieds sans doute bien fatigués et endoloris. Les caillasses des chemins ne doivent pas aider au confort des petons :)
J'ai aussi regardé le diaporama où les paysages sont... du sud :) mais aussi époustouflants :)

Une petite question néanmoins :) le résumé de ta balade, tu le fais en rentrant ou tu prends des notes tout le long du chemin que tu organises, arranges, enrubannes au retour ?

Bonne fin de journée

caminares 20/05/2013 21:04



Tout est fait de mémoire.  Et au retour, je résume ma journée.  Parfois en enjolivant, toujours en rêvant..