CFD, ligne 134...

Publié le par Lou Reïgis

Autrefois,  à la  fin du 19ème siècle, un engouement extraordinaire pour le transport ferroviaire bouleversa toute un mode de vie dans notre pays du Vivarais, et de notre vallée de l'Eyrieux en particulier.

Fini la "patache" et ses légendaires retards, place à la machine à vapeur!

De 1886 à 1891, est construite la ligne 134, reliant La Voulte à Le Cheylard.

Rapidement, de 1902 à 1914, la ligne se prolongea jusqu'à Saint Agrève, puis Yssingeaux.

Après la saignée de 14/18, la machine à vapeur fut remplacée par l'autorail à moteur diésel. Moins de bruit et de vapeur, et un danger pour les hommes et les bêtes qui ne l'entendent venir. Une anecdote, connue du coté du Cheylard, d'une vache, sabot prit dans le rail, et qui, à la vue de l'autorail arrivant irrémédiablement sur elle, eut beau crier "meuh"!!! "meuh"!!! "meuh"!!!! perdit la vie au grand dam de son propriétaire. Comme quoi le crie "meuh" ne paye pas...

Mais déjà, la concurrence de l'automobile et du camion sonne le glas de ce moyen de locomotion humaine et de transports commerciaux.

En 1968, pendant que quelques énergumènes chevelus vociféraient leur désir de liberté en balançant des pavés sur la gueule de nos bien-aimés CRS, la ligne 134 cessa toute activité au 1er novembre.

Depuis ce temps demeurent les vestiges des ouvrages d'art essaimés dans un décor naturel exceptionnel, celui des Boutières en vallée de l'Eyrieux.

Il n'ait que d'observer et d'admirer de St Laurent du Pape à St Agrève, les ponts en arcades au dessus de l'Eyrieux, jetés comme un défit au temps et à la nature, ainsi que gares et hôtels de voyageurs, comme autant de témoignages architecturaux du savoir faire et du génie des hommes de ce pays.

Aujourd'hui, rails déposés, c'est une voie verte qu'arpentent les randonneurs, vélocipèdistes et cavaliers en toutes saisons. Terrain de détente propice à découvrir les plaisirs des moments calmes et lents, décalés des bruits et des fureurs accélérés de nos vies communes.

Ainsi nous fut conté l'histoire éphémère de la ligne 134 du chemin de fer départemental de la vallée de l'Eyrieux en Vivarais, par la troupe de théâtre amateur de La Compagnie du Boulet.

Belle soirée d'un soir de juillet frisquet, où acteurs et spectateurs ont fusionné dans l'émotion des souvenirs offerts à la mémoire. Le talent des acteurs de la pièce jouée a su unir l'anecdote inventée à l'Histoire de notre pays. 

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Publié dans chronique

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Ernest Draisine 18/07/2011 20:01


Meuhsieur.
J'ai lu avec émeuhtion l'évocation de la vache dont vous faites état avec votre habituelle verve. Sachez, meuhsieur, que depuis cet incident, toute meuh fameuhille est atteinte d'une meuhladie
rare, dont vous constaterez sans peine les effets....
Car, vous l'avez compris, cette vache appartenait à mon aïeul, Meuhrice Draisine.Celui-ci a bien porté plainte contre l'admeuhnistration pour ce crimeuh horrible, sans succès hélas!
Bien à vous.