Caminares, l'alpin complet.

Publié le par Lou Reïgis

Amis du blog Caminarem, vous qui suivez assidûment les pérégrinations chroniqueuses des deux gugusses de ce blog, vous n'êtes pas sans avoir remarqués les prédispositions avérées dans l'art de la description paysagère de notre ami Caminares.

Toutes les montagnes de la belle France, des plus hautes au plus modestes, trouvent matière à susciter sa faconde lyrique et son enthousiasme maîtrisé de littérateur accompli.

Les Alpes sont, à dire vrai, son terrain de prédilection. Caminares en est l'épeautre, dont les épîtres ondoient à partir des 600m d'altitude, et le battage de ses émotions floconneuses se poudroient aux environs des 2000m. Le résultat donne une farine littéraire dont le malaxage tout de sensibilité, ne sera jamais l'opprobre d'un four, car Caminares est un alpin complet.

En ces temps d'écologie mondialisée pour la sauvegarde de notre planète "bleu comme une orange", Caminares est la modeste conscience de ce blog par la métaphysique empirique d'entre ses lignes, et la rationalité cartésienne de son esprit français coulant de sa souris d'ordinateur.

Autrement dit, entre une "morale de l'action" prôné par un Sartre, et la "passivité" contemplative d'un Merleau-Ponty appliquées à la pratique philosophique de la rando chez Caminares, décillé de ses vielles lunes de jeunesse qu'il ne décrocha jamais, et qui faillirent le rendre gauche quand nos deux hémisphères sont nécessaires pour marcher droit, il trouve, en ses ascensions alpines, le challenge concret d'un accomplissement silencieux d'un art de la vie, partagé avec sa blonde venue à la rescousse de son évolution d'homme libre. Et il la grimpe (sa montagne), avec un amour du beau au delà du sensible, atteignant souvent la substance impalpable de cet irrationnel occulté par les pécores et les minus, qui mettent à leurs pieds des tongs de plage pour grimper leur Everest de montagne à vaches. Si ses pieds à lui sont bien chaussés, en homme terrien, c'est qu'il sait la dureté organique et la force d'airain à investir dans un parcours sans failles autres que les failles naturelles, débouchant sur les chants du monde des sommets de l'être face au néant surmonté. Au passage, il ramasse, dans sa besace subsumante, la décoction subliminale d'un objectif photographique, prolongement de ses yeux transhumant du banal au sublime, par un asa qui fait bien les choses, la dispersion tout azimut d'un cahot apparent en une unité de lieu, de temps, qu'il empreint à jamais sur le disque dur de sa mémoire. Et il a le bon goût de nous faire partager ses sensations fortes, incitatives à la débauche randonneuse, comme une figure libre de l'exercice de la liberté d'en baver, pour la réalisation espérée d'un accomplissement de soi.

Ami Caminares, mon frère d'âme, "sit tibi terra levis" et le ciel te paraîtra lui aussi à la juste mesure d'une spiritualité, en position verticale, la tête sur les épaules, en homme libre.

Quant aux Alpes de ton coeur d'été 2010, je sais que tu les laisseras prochainement, pour une aventure pyrénéenne que tu ne manqueras pas de nous enchérir d'articles sobres et puissants, bien dans ta manière séductrice et charnelle, dans cette sueur du verbe, puisée dans tes ascensions aqueuses, par tous les pores de ta peau et de ton esprit.

"Felix qui potuit rerum cognoscere causas", et nous les faire partager. Tu es de ceux là, ami Caminares, et grâce te soit rendue sur la terre comme au ciel d'être de nos connaissances, qui nous rendent meilleurs, au contraire des pires jamais bien loin dans nos atmosphères communes, et qui ont souvent bien mauvaises gueules et sourde haleine.  


Publié dans chronique

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Adélaïde Minotière 20/08/2010 09:46


Nouvelle lectrice de votre blog, je le trouve très intéressant. Félicitations aux deux écrivains passionnés de randos.
J'ai lu le commentaire de Mr Séraphin Farinade, auriez vous ses coordonnées afin d'établir des liens entre les lecteurs de votre blog, il me semble que des affinité de goût peuvent exister, et, qui
sait, peut être un peu plus...
Félicitations renouvelées,
A bientôt de vous lire,
Adélaïde Minotière.


caminares 23/08/2010 17:24



Ah! Adelaïde! Quel beau prénom.....



Germaine Moutas 20/08/2010 08:50


Ah! monsieur Caminares! tout ce que j'aurais aimé vous dire avec des mots plus simple, car j'avoue ne pas comprendre tout ce qu'y dit votre ami Lou Reïgis! Voilà un portrait qui me donne bien du
regret de savoir votre coeur prit par une créature blonde , certes du plus bel effet à votre bras, mais qui sans doute comme moi même ne comprend pas tout ce qu'y raconte et même sans doute encore
moinsse vu que elle elle est blonde précisément...
Je sais c'est le dépit qui me fait dire ça, mais l'espoir fait vivre...
Mille poutous de votre Germaine.


Séraphin Farinade 19/08/2010 17:17


Voilà une chronique comme je les aime... Toute en retenue, en humour philosophe.. Ah! Quelle belle plume que ce Lou Reïgis....
Car, quand comme moi, on a des origines sarrazines, on apprécie vraiment l'alpin complet....