Le Toulourenc, un trésor de fraîcheur au pied du Ventoux...

Publié le par caminares

Ce 25 juillet, 500 000 fans de cyclisme se pressaient sur les pentes du Mont Ventoux: le Tour de France faisait son grand show...
Ignorant la foule, nous nous sommes retrouvés sous les pentes du Géant de Provence, afin de parcourir les gorges de la seule rivière d'eau vive qui entaille ce massif: le Toulourenc.
Un trésor de fraîcheur et de beauté....
Il faut se présenter tôt au petit hameau de Veaux afin d'éviter l'affluence en cette prériode estivale!
Passer Malaucène, la petite départementale serpente langoureusement et prend son temps afin de nous amener au petit pont où le GR91 traverse la rivière.
Quelques panneaux installés depuis peu rappellent les gestes élémentaires à ne pas faire afin de protéger ce lieu des effets néfastes de la surpopulation.  Et il est clairement expliqué les risques encourus par la constructions de barrage afin de réaliser de petits bassins de baignade, notamment par la faune.
Car, préférant le cheminement dans la rivière à celui du GR qui prend de la hauteur pour la retrouver plus loin, nous allons tremper les pieds et plus encore dans l'eau fraîche du Toulourenc.
En provençal, Toulourenc signifie Tout ou Rien: "Rien", car l'eau est rare et précieuse dans cette région ; "Tout", car les crues sont subites et dangereuses et même si le soleil brille, il faut quand même surveiller la moindre élévation du niveau d'eau.
Voilà notre petite troupe de 5 personnes, joyeuse et heureuse de pouvoir, enfin, parcourir le lit de ce cours d'eau...
Très vite, nous nous engageons entre les falaises abruptes et étroites. L'eau claire et délicieuse, bien que fraîche, serpente tranquillement. Quelques poissons, d'un coup vif de leur nageoire caudale, se mettent bien vite à l'abri de nos regards indiscrets.
Mélange de canyon du Verdon et de Gorges de l'Ardèche en miniature, ici, pas de démesure. La nature, dans sa simplicité et sa beauté...
Nous ne résisterons pas à l'appel des gours et des petites cascades: la baignade sera brève mais revigorante...
Puis, il nous faut enjamber de gros blocs parcourus de dizaine de cascadelles où la truite doit trouver refuge sous l'eau bouillonnante....
Nous prenons notre temps.
Pour ma part, j'en suis à ma troisième remontée et je découvre toujours un paysage différent. A voir l'érosion du cours d'eau, il est évident que les crues sont importantes. Là, des troncs d'arbres se sont amoncellés contre les rochers improvisant un aléatoire passage au dessus de l'onde vive. Plus loin, la rive est entailléee, dénudant les racines des aulnes et autres peupliers.
Enfin, la rivière s' élargit, alors que nous arrivons à vue d'une construction élevée semblant être un vieux pigeonnier.
Ici, le GR91 retrouve la rivière avant de s'élancer allègrement vers St Léger du Ventoux et Brantes.
Il est temps de faire la pause pique-nique, l'estomac du plus jeune d'entre-nous réclamant depuis déjà plusieurs longues minutes sa pitance...
Sous un vieux pont, un joli gour nous attend. Nous prendrons ici notre repas, alors que tout là-haut, le sommet du Ventoux veille sur le paysage.
Et puis, presque à regret, nous rebroussons chemin vers notre lieu de départ en empruntant toujours le cours de la rivière. Certes, nous aurions pu cheminer sur le GR, mais le charme et la beauté du Toulourenc nous en ont dissuadé.
Partis de bonne heure le matin, nous avons rencontré peu de monde. Cela ne fut pas le cas sur le chemin du retour et nous avons pu constater que les explications succintes mais précises posées sur les panneaux en entrée et sortie des gorges n'étaient absolument pas lues... Ou en tous cas, ignorées....
Problème d'éducation et de respect, sans doute...
Dommage, il ne faudrait pas que la surexploitation de ce lieu enchanteur amène les pouvoirs publics à prendre des mesures plus contraignantes que les seuls panneaux informatifs...
Le Toulourenc dévoile ses beautés entre Mont Ventoux et Monts de la Drôme. Voilà une promenade agréable et ludique à faire en famille, mais uniquement en saison estivale...

Publié dans compte rendu

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Dorothée 05/02/2016 22:02

bonjour Caminarem je viens de retrouver ton lien sur mon vieux blog en friche! toujours en balade à ce que je vois! i y en a qui ont de la chance! pour de bon!
Dorothé

caminares 06/02/2016 11:00

Et en plus, en retraite! Donc encore plus de temps.... Et merci pour ces retrouvailles....

jean-yves 18/08/2009 11:25

UNE ÉNIGME ÉCLAIRCIE,
QUELQUES TOUCHES D'AMOUR

J'ai le souvenir de Buisson, de Visan, aussi de Richerenches,
Ou les odeurs de soupe s'enfermaient dans les chambres
Silencieuses comme les semelles d'un maçon vieilli sans
paradis.
J'ai le souvenir d'horizons sans sommeil autour de ces villages; la première neige les montrait droits tels des accusés qu'effraie leur innocence.

Mais le languir soudain réclame le grand large;
Le rapace rejoint sa femelle en plein vol;
Les univers anciens remettent à d'autres, aveugles, leurs soleil.
Une jeune Romaine révèle sa présence et se retourne
sur sa ville dont la ceinture garde des traces d'amour.

Toulourenc! Toulourenc! que j'ignorais si proche,
Nul faux bourdon dans les rimes de tes eaux,
Sinon le désir reconduit du Ventoux, t'évitant les terres hargneuses.

ÉLOGE D'UNE SOUPÇONNEE
René CHAR
Poésie/Gallimard

Jean-Yves 27/07/2009 08:30

Une formidable envie de randonner au bord du Toulourenc.
Merci de cette description incitative.
Voilà un beau talent d'écriture Caminarès, c'est comme si nous y étions......