Les Trois Becs - Drôme

Publié le par caminares

Samedi 27 juin, 8h15, Saint Fortunat - Ardèche.
Notre véhicule est positionné sur le bord de la route depuis quelques secondes, lorsque au loin, un appel code phare, nous signale l'arrivée de nos amis de Saint Sauveur de Montagut.
L'heure du premier rendez-vous est respectée! Nous voilà en route vers trois sommets dont votre serviteur a longuement entendu parlé depuis des mois.
Les trois Becs!
Je sais, par quelques récits épiques, que ces monts de la Drôme sont tout, sauf de la montagne à vache... Nous verrons bien. Pour l'instant, les deux véhicules emplis de randonneurs avalent les kilomètres vers le deuxième rendez-vous ; quelque part entre Crêt et Saillans, le Dède nous attend.... Venu du Teil en compagnie d'une amie, il sera là bien avant nous, le "minutage" n'étant pas l'apanage de Myriam....
Quelques minutes plus tard, après avoir scrupuleusement respecté les limitations de vitesse en vigueur dans notre beau pays, nous voilà au fameux rond point.
Au dessus de nous, les Trois Becs nous surplombent. Une brume menaçante leur fait comme une parure d'apparât chic...
Un ou deux pronostics sur la météo, un regard sur la carte IGN et nous voilà en route vers le théatre de nos nouveaux exploits!
"Halte là! Halte là! Les randonneurs sont là!"
Nous voilà à pied d'oeuvre....

Enfin équipés, nous posons pour la postérité. Puis, dans un bel élan, en route vers les sommets!
Nous empruntons une route forestière dont le départ se situe sur la départmentale 156, à hauteur de la borne kilométrique indiquant "Saillans 5 km". Très vite, nous délaissons celle-ci pour nous enfoncer dans la forêt de hêtres en direction des "Chaudières".
Nous sommes sur le GR9. Notre guide bénévole, le Dède, nous explique que ces chaudières servaient jadis à la population locale pour effectuer les grandes lessives, à la cendre, le linge parvenant là à dos de mulets. Il fallait profiter du bois, ici à profusion.

Le sentier, magnifique, se redresse. Le pas se fait plus lent. Je souffre.... Cette montée ne semble pas se terminer.
Certaine pense à abandonner. Mais nos deux fringuantes "Torpédos", savent lui insuffler leur moral d'acier. Et un pas devant l'autre et ainsi de suite, Babette, courageusement, arrivera au Pas de la Motte....
Premier arrêt, histoire de se désaltérer et d'attendre les retardataires. La brume qui, ici, comme ailleurs, "à des remords de fleuve et d'étang" (*) nous enveloppe par moments de ses langues humides. Elle va nous accompagner jusqu'au rocher de la Laveuse...
Nous reprenons notre progression. Certains d'entre-nous, courageux, restent en T-Shirt et short. Chaleur, puis fraîcheur humide. On se couvre, se découvre, le temps est bizarre en cette fin de juin. Un peu par goût, un peu par début de fatigue, je traine à l'arrière. j'aime prendre mon temps; Et puis, le Dède ne nous a-t-il pas annoncer 1000m de dénivellé pour atteindre le premier sommet?
Première rencontre au sortir d'un bosquet. Jean Yves, dans un anglais irréprochable, fait la causette à Jeffrey, ressortissant australien à la recherche de sensation forte dans nos montagnes, alors que, dans son pays, nos rugbymen sont, dans le même temps, en train de prendre la pâté. Il m'étonnera toujours, mon ami ex-boulanger... Mais où donc a-t-il appris l'englishe? Dans son fournil?
Bref, nous discuterons un peu avec notre australien de rencontre...
"Good trip, Jeffrey...."
La vue lors de la pause sur le rocher surplombant le vide est impressionnante... Au bas, la Drôme déroule ses méandres, Saillans se réveille peu à peu, et nous, nous nous régalons....
Voilà le Rocher de la Laveuse et son trou au travers duquel Saillans se prélasse tout en bas....
D'un seul coup d'un seul, la brume se déchire, offrant à nos regards le spectacle des 3 becs. Je comprends mieux ce qui nous attends...
Pause repas, nous sommes dans les temps, il est 12h30.
Nous repartons, traversant dans une brume légère, une belle forêt de hêtres. La montée se fait rude. Partout, des lys martagons. Je n'en ai jamais vu autant! Symphonie de rose, parsemée du rouge éclatant de quelques orchys. Nature généreuse...
Puis le coup au coeur: le chemin est, par endroit, bétonné. Sans doute, cela empêche le ravinement, mais cela semble tellement incongru! La pente est raide. Et enfin, nous voilà au premier bec: Rochecourbe. Viendront le Signal, puis le Veyou, point culminant de notre rando à 1589m.
L'altitude oscille entre 1500m et 1600m, mais une fois en haut, il faut redescendre d'une centaine de mètre, puis remonter....
Les jambes sont dures, mais le paysage sublime....
Du Veyou, nous redescendons au Pas de Siera à 1295m. Là, un panneau nous apprend que la montée par le Col de la Chaudière est interdite, suite à plusieurs accidents mortels.
Voilà qui nous rappelle que l'imprudence et l"amateurisme ne sont pas de mise, même à ces altitudes....
Toujours bon dernier, j'aperçois mes camarades en contrebas, gambadant dans le Pré de l'Ane, le bien nommé.....
Nous rejoignons alors une belle route forestière. Nous sommes en forêt de Saou. Le pas se fait rapide. Nous devons retrouver nos deux Babette au Refuge Girard. En effet, au Rocher de la Laveuse, devant la tâche ardue qui les attend, elles ont décidé de pendre le sentier qui mène à celui-ci, écourtant de ce fait balade et fatigue....
Ce sera chose faite rapidement. Le regroupement effectué, nous reviendrons vers le Pas de la Motte après une dernière grimpette qui mettra à rude épreuve les mollets de votre serviteur...
Un dernier regard vers nos trois Becs. Il est 17h45 et grand temps d'entamer la descente.
Nous la ferons en silence, chacun perdu dans ses pensées, l'oeil rivé sur les pierres du sentier. A peine si nous remarquerons les Chaudières...
Une heure après, fatigué, en sueur, mais heureux, nous retrouverons nos véhicules garés bien sagement dans un renforcement de la route, tout près du hameau des Auberts...
Merci aux deux Babette, Myriam, Régine, alias les torpédos,  Béatrice, Vinu, André dit le Dède, Jean Yves, dit Lou Reïgis, Daniel, Jean Claude pour leur gaité et leur entrain...

(*) M. Leforestier " La Brume"

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Publié dans compte rendu

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Commenter cet article

sarméo jean-yves 05/07/2009 22:39

c'est chaud chez les marseillais !
On se calme la grande S !
Repos caminares ou garde à vous c'est selon ! Lou Reïgis

La grande S 05/07/2009 09:53

Bonne initiative. Dans l'attente du plaisir de lire les nouvelles aventures du groupe et les satirico-historico-poétiques et néanmoins délicieux délires des auteurs Caminbares et Lou Reïgis.

caminares 05/07/2009 18:19


La Grande S est pertubée... Faut dire que les travaux manuels en cours avec son homme dans son petit home sweet home n'arrangent pas les choses.... Et son Caminares d'homme ne se sent
pas quand même barré....