Les champignons à comiques

Publié le par Lou Reïgis

Les champignons à comiques

 

L'automne est une saison entre parenthèse, qui aime à vaciller dans l'entre deux des étés et des hivers, qui couvre sous les brumes charnues et la moiteur d'un été indien, des morceaux de trésors enfouis sous les feuilles qui tapissent les bois.

Et partir à la recherche de ces trésors révèle pour les chasseurs/cueilleurs opiniâtres et belliqueux, une propension exponentielle au secret de ses sources, de ses endroits prolifiques, de ses filons et gisements qui font nos poêlés succulentes de champignons de nos sous-bois.

De ceps en girolles, de pieds de mouton en petits gris, tous font ventre. Sauf ceux réservés à nos Belles-Mamans casses-noisettes... doux pléonasme.

Et donc, une révélation de son "coin à champignons" relève au plus d'une bourde malencontreuse, si non d'une bévue alcoolisée de nos repas de famille.

Le plus drolatique, finalement, réside dans le fait acquis que nul n'est sensé connaître "son coin à soi", alors qu'il est connu de tous.

Pour garder le secret de ses endroits, la stratégie matinale est la plus unanimement utilisée qui voit, dès potron-minet, partir pour les bois brumeux les plus ardents et silencieux chercheurs de champignons. Pas un mètre carré ne leur échappe, pas un renflement suspect n'est délicatement fouillé du bout d'un bâton, pas un alignement de mur d'échamp abandonné n'est longé attentivement, pas une ramée de chênes qui ne soit arpentée méticuleusement. En ces lieux, tout est silence, observation, patience.

Le plus savoureux, hormis les champignons, est le pusillanime acquit de génération en génération, de père en fils. Et cette transmission là relèverait d'une incongruité si elle échappait à la filiation en droite ligne, c'est à dire précisément de père en fils. Point de partage secret hors ce binôme patriarcal, les parents cousins ou alliés, circulez, y'a rien à voir...

Ainsi de quelques familles qui se disputent des secrets de polichinelle, de quelques amis qui se fâchent sans se fâcher vraiment, des petites rancoeurs distillées avec précaution et quant à soit et qui, parfois, font dévoiler à un quidam le privilège du pré carré connu d'un seul à l'exceptions de tous les autres...

Et puis il y a celles et ceux qui savent tirer les vers du nez. Dans cette stratégie là, tout est permit, le vice comme la vertu, l'une soutenant l'autre, modifiant d'un mot la phrase de Châteaubriant à propos de Talleyrand et de Fouchet 

J'en connais une passée Maîtresse dans cet art particulier qu'elle a élevé ici au rang de Science de l'Art. 

Mais je vous parlerai une autre fois de mon épouse...

Les champignons à comiques

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Lou Reïgis 18/12/2014 09:48

Mais les deux mon bon Caminaroudoudou! ! ! les vignes abandonnées du Seigneur ont laissés place aux cèpes qui sortent aux pieds des ceps disparus...
Car avant le pêcher, le pécher de l'abus jusqu'à l'hallali allait bon ventre des ceps abondants et fructueux en liquide sanguin et sucré...
Ha! que ta vigilance orthographique souligne combien le terrien épicurien et rabelaisien est sourcilleux sur le bien parler de nos mangeailles! ! ! Sois en remercié, Caminaroudoudou...

Caminarès 15/12/2014 17:07

Charmant article de notre ami Lou Reïgis. Pourtant, je ne suis pas sûr qu'il puisse trouver des cèpes en randonnant entre les ceps des vignes des échamps dominant l'Eyrieux.... Ceps ou cèpes, il faut choisir...