Confidences Intimes...

Publié le par caminares

A mon corps défendant, ces derniers temps, j’ai un peu trop fréquenté le cimetière… D'ailleurs, j'en reviens, petite visite en la demeure joliment fleurie de l'auteure de mes jours.... Peut-être bien vous livrè-je ce petit texte écrit en mars de cette année, afin de combattre l'émotion qui m'étreint aujourd'hui...

Donc, à mon corps défendant....

Passée la tristesse due à la perte d’un être cher, il reste l’incongruité de l’instant que l’on nomme les condoléances…

J’y reviendrai.

Dans le village où mes parents résident, ils ont acheté, cela remonte à plusieurs années, leur « résidence secondaire » (sic). Celle-ci, confortable et à deux places, accueille désormais, pour son repos éternel, celle qui m’a donné le jour.

Il en est des cimetières comme des villages : certains sont perchés tout en haut d’une colline, d’autres occupent la meilleure vue sur telle ou telle vallée, d’autres encore, discrètement placés, sont parfois difficile à trouver. Ne serait-ce les sombres et élancés cyprès, personne ne se douterait qu’ils sont à la portée des administrés du curé du village. Celui de cette petite bourgade d’Ardèche, coincé entre la route nationale et une rue étroite, est tout de simplicité et d’humilité. Le portail grince comme il se doit, à chaque pression des visiteurs éphémères.

J’ai donc, toujours à mon corps défendant, visité celui de cette petite commune des bords de l’Ardèche.

Ah ! Les tombes ! Un vrai inventaire à la Prévert…. Certaines, de terre revêtue, indiquent la discrétion de ceux qui les habitent. D’autres, plus cossues, montrent aux habitants silencieux des lieux que,  même ici, surtout ici, l’opulence du vivant est toujours de mise, une fois en terre. Et puis, il y a les les classiques, avec ou sans croix, dont les propriétaires se sont parfois saignés aux quatre veines afin de laisser à leur postérité qui n’en peuvent mais, un semblant de dignité… Il y a même un carré où repose en paix de pauvres hères, fauchés dans leurs plus jeunes âges...

Ce jour-là, suivant le corbillard qui emmenait maman vers sa dernière demeure, ce brave Brassens envahi mon inconscient pour me chanter de sa voix grave, l’histoire des « funérailles d’antan »… Je n’osais fredonner tout haut, de peur de choquer mon père, tout à son chagrin… Et pourtant…

Plus-tard, après une belle bénédiction qui mit les larmes à l’œil de toute l’assistance, pour nous c’était déjà fait, ce fut le cimetière et son cortège de gens tous très sincères, qui vinrent nous présenter leurs condoléances.

Ne voulant pas laisser mon paternel seul en cette funeste occasion, je me tint à sa droite afin de recevoir, le premier, le flot ardent des amis, voisins, inconnus, adhérents des diverses associations dont mes parents étaient membres. Mes (*) frères m’avaient lâchement abandonné à mon triste sort, préférant les embrassades fraternelles de la famille…

Et cela commença : « Condoléances – Merci. Condoléances – Merci ; etc., etc…. Mon père, en larmes, serraient des mains, recevant sans vraiment les comprendre, les marques de sympathie des villageois attristés.

Pour ma part, ne connaissant personne, je recevais ces hommages avec le plus de sérieux possible. Pourtant, devant les mines de circonstances de certains, je ressentis ces témoignages comme une immense incongruité.

Le fou rire me prit. Ce n’était ni le lieu, ni le moment…. Je me retournais alors vers mon géniteur. Devant sa tristesse et ses pleurs, ce fou rire nerveux me quitta sur l’instant….

Pourtant, je suis sûr que sur son nuage, un sourire léger effleura le visage de ma mère, elle qui n’aimait que la simplicité et qui se moquait comme de sa première chemise des honneurs et autres remises de médailles…

 

(*) Mais au lieu de Mes, en première rédaction.... Heureusement qu'un lecteur fidèle, un des deux m'ayant abandonnés, m'en a fait légitimement la remarque! Donc acte et correction!!!

Publié dans Chronique

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Moun 11/12/2014 07:44

C'est avec beaucoup d'émotion comme tu peux le deviner que j'ai lu ton récit me ramenant à pareille triste circonstance.

Bisous et bons préparatifs de Noël néanmoins.